Retrouver ses ancêtres en ligne commence presque toujours par le même réflexe : taper un nom dans un moteur de recherche et espérer qu’une plateforme de généalogie en ligne renvoie directement l’acte recherché. En pratique, le résultat dépend d’abord du type de document visé, de la région d’origine de la famille, et de la période couverte. En 2026, les principales plateformes ne font pas la même chose : les connaître permet d’éviter des heures de recherche infructueuse.
FamilySearch, Geneanet, MyHeritage : ce que chaque plateforme fait vraiment
FamilySearch reste la référence pour accéder à des images numérisées d’actes originaux, notamment les registres paroissiaux et d’état civil français. L’accès est gratuit, mais les collections sont hétérogènes selon les départements. FamilySearch enrichit régulièrement ses fonds français, avec des ajouts qui varient fortement d’un département à l’autre : avant de supposer qu’un fonds est complet pour votre région, vérifiez les mises à jour par département directement sur le site.
Geneanet fonctionne différemment. La plateforme agrège des arbres généalogiques déposés par des utilisateurs, ce qui permet parfois de retrouver un ancêtre grâce au travail d’un autre généalogiste. L’information n’est pas vérifiée à la source, mais le croisement avec un acte original reste possible. Pour les familles ayant des branches hors de France, Geneanet dispose aussi de fonds spécialisés qui dépassent l’état civil classique.
MyHeritage mise davantage sur la reconnaissance faciale et les suggestions automatiques d’arbres. Utile pour confirmer une piste ou trouver des cousins éloignés, moins fiable pour construire une preuve documentée. Heredis, de son côté, est avant tout un logiciel de gestion d’arbre généalogique, avec une intégration de sources en ligne, mais il ne se substitue pas à une plateforme d’archives.
Choisir sa plateforme selon le type de preuve recherché
La question à se poser avant de s’inscrire n’est pas « quelle plateforme est la meilleure » mais « quel document dois-je trouver ». La réponse change tout.
- Acte original numérisé : privilégier les portails d’archives départementales (accessibles via les sites des conseils départementaux) ou FamilySearch. Ce sont les seules sources qui donnent accès à l’image du registre, avec toutes ses mentions marginales.
- Index nominatif : Geneanet, MyHeritage ou FamilySearch proposent des tables de dépouillement collaboratif. Un index confirme l’existence d’un acte, mais ne remplace pas le document lui-même pour prouver une filiation.
- Recensements et fonds locaux : souvent sous-utilisés, les recensements permettent de suivre les déplacements d’une famille entre deux actes d’état civil. FamilySearch et certaines archives départementales numérisent progressivement ces fonds.
Cette distinction entre acte original et index a une conséquence pratique directe : un résultat dans un index ne signifie pas que l’acte est accessible en ligne. Pour les registres récents, les délais de communicabilité s’appliquent.
Les Archives du Var, par exemple, précisent que les actes de naissance avec mentions marginales ne sont pas diffusés en ligne avant cent ans ; les actes plus récents nécessitent une démarche auprès de la mairie concernée. Ce type de restriction existe dans la plupart des archives départementales françaises.

Archives départementales en ligne : le complément nécessaire
Les portails d’archives départementales sont souvent laissés de côté au profit des grandes plateformes, à tort. Pour les actes d’état civil antérieurs au XXe siècle, les archives départementales numérisent directement les registres originaux et les mettent en ligne gratuitement, sans intermédiaire.
L’accès varie d’un département à l’autre : certains proposent des moteurs de recherche par nom, d’autres obligent à naviguer par commune et par année. La méthode est plus lente, mais le document obtenu a une valeur probante que n’a pas un arbre collaboratif.
Pour les familles dont les ancêtres ont migré ou vécu à l’étranger, les fonds spécialisés accessibles via certaines plateformes (état civil consulaire, archives militaires) peuvent être plus pertinents qu’une recherche généraliste. FamilySearch indexe une partie de ces fonds ; les Archives nationales françaises en numérisent d’autres.
Généalogie en ligne : les pièges concrets à éviter
Le premier piège est de construire un arbre à partir d’arbres existants sans vérifier les sources. Sur Geneanet ou MyHeritage, un ancêtre peut apparaître avec une date de naissance et un lieu précis, sans que personne n’ait jamais vu l’acte correspondant. La donnée se propage d’arbre en arbre et finit par sembler fiable.
Toujours remonter à l’acte original avant d’intégrer une information dans sa propre recherche. Un index ou un arbre collaboratif est un point de départ, pas une preuve.
Le deuxième piège concerne les périodes récentes. L’accès en ligne n’est pas équivalent à l’accès au document complet. Les délais légaux de communicabilité limitent ce qui est consultable à distance : pour les actes postérieurs à ces délais, une demande auprès de la mairie ou du service d’archives compétent reste nécessaire.
Enfin, les mises à jour de collections sur FamilySearch ou d’autres plateformes peuvent être très localisées : un département peut voir ses fonds enrichis sans que les départements voisins en bénéficient. Consulter régulièrement les journaux de mise à jour des plateformes évite de supposer qu’une absence de résultat signifie une absence d’acte.
Comparatif rapide des plateformes de généalogie en 2026
| Plateforme | Type de contenu principal | Accès | Point fort |
|---|---|---|---|
| FamilySearch | Actes numérisés, index | Gratuit | Collections françaises en croissance |
| Geneanet | Arbres collaboratifs, dépouillements | Gratuit / Premium | Réseau de généalogistes actifs |
| MyHeritage | Arbres, suggestions automatiques | Freemium | Matching inter-arbres, ADN |
| Archives départementales | Actes originaux numérisés | Gratuit | Valeur probante maximale |
| Heredis | Logiciel de gestion d’arbre | Payant | Suivi et organisation de la recherche |
Aucune de ces plateformes ne couvre tous les besoins à elle seule. Une recherche sérieuse combine au minimum une plateforme collaborative pour défricher les pistes et un portail d’archives pour valider les actes.
La séquence la plus efficace : index collaboratif pour repérer la commune et la période, archives départementales ou FamilySearch pour obtenir l’image du document, puis Heredis ou équivalent pour organiser les résultats. Cette méthode évite de passer des heures sur une plateforme qui ne détient tout simplement pas le fonds recherché.

